Anne Ancelin Schützenberger

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Psychologies Magazine 292 - Janvier 2010

Propos recueillis par Béatrice Toulon

Olivia Ruiz
“Je porte le poids de l'exil familial”

Elle arrive, toute fine, toute petite, étonnamment pâle pour une fille du Midi. Etonnamment calme aussi pour une artiste réputée volcanique. “C'est juste la fatigue”, corrige-t-elle. Depuis l'été dernier, Olivia Ruiz est en tournée dans toute la France, en Belgique et en Suisse, où elle chante Miss Météores, son troisième album, très bien parti après le carton de l'opus précédent, La Femme chocolat. A 29 ans, la jeune artiste a déjà fait la preuve d'un bel abattage, avec trois albums en six ans et des centaines de concerts qui ont effacé des mémoires son passage à la Star Accademy (2001). Mais qui est vraiment Olivia Ruiz ? La jolie fille joyeuse et bonne vivante, aux tenues excentriques et aux chansons rigolotes qu'elle a aimé imposer un temps ? Ou une femme plus sombre, plus tourmentée, comme le laisserait penser son dernier album ?
Dès que l'entretien débute, c'est une troisième Olivia qui apparaît, franche, directe, un peu perdue parfois, terriblement authentique. Elle parle, parle, parle... de son enfance, de sa famille d'immigrés espagnols, de la thérapie qu'elle a commencée, de son amour et de sa collaboration artistique avec Mathias Maizieu, le chanteur du groupe Dionysos. Elle parle aussi de ses chansons, J'traîne des pieds ou Peur du noir, qui évoquent de plus en plus ouvertement son enfance, sa vie, ses peurs et ses désirs ; de son père et de son frère, présents sur le dernier album. Cette fille-là est une fonceuse, partie aujourd'hui à la recherche d'elle-même, avec la même détermination qu'hier pour arriver au succès. Une jeune femme qui ne s'épargne guère entre concerts, sorties et séances de thérapie. Mais son bonheur est à ce prix, assure-t-elle.


LES FEMMES DE SA VIE

Une psychothérapeute, deux chanteuses et une actrice ont été des exemples à suivre ou des lumières sur sa route. Olivia Ruiz rend hommage à quatre femmes d'exception.

ANNE ANCELIN SCHUTZENBERGER
“C'est un des grands événements de ma vie de l'avoir rencontrée et une chance exceptionnelle de la connaître. Je l'ai découverte grâce à mon frère qui m'a offert un de ses livres sur la psychogénéalogie, il y a trois ans. J'ai senti que c'était la piste pour comprendre mes problèmes. Je l'ai invitée sur un plateau de télévision et elle est venue. Elle a 90 ans, mais a l'esprit toujours aussi vif. Je voudrais entamer un "génosociogramme" avec elle, c'est-à-dire remonter toutes les branches de ma famille, identifier les traumatismes individuels que je porte sans le savoir et m'en libérer.”

JULIETTE GRECO
“Il n'y en a plus beaucoup des comme elle, qui dirige seule sa carrière, depuis des décennies, sans dériver de ce qu'elle aime. C'est une femme du Sud, comme je les aime, d'une grande force et d'une grande sensualité. Et comme moi, elle partage la vie d'un artiste avec qui elle travaille. Elle m'a fait un cadeau immense en acceptant de chanter dans son dernier album deux chansons que j'avais écrites pour elle, L'Ombre du vent et Dans ma chambre de dame. Elle m'a dit qu'elles ne lui ressemblaient pas mais qu'elle les aimait. Jamais je n'aurai imaginé cela possible. Elle m'a aidée dans mon cheminement vers la confiance en moi.”

ROSSY DE PALMA
“C'est une vraie excentrique, folle, poétique. Elle transforme tout en spectacle. Quand elle arrive quelque part, on ne voit qu'elle, on voudrait être elle. Elle est un modèle pour moi : comme elle, je suis une saltimbanque, j'aime les tenues folles, les comportements excentriques, la démesure ; elle est espagnole, mes racines, et elle ajoué dans les films de Pedro Almodôvar quej'adore. Je me sens proche de son univers.”

JULIETTE
“Elle est dans la lignée des grandes interprètes que j'adore. Elle a changé ma vie en m'écrivant J'aime pas l'amour, pour mon premier album. Elle se méfiait parce que je venais de la Star Ac', mais elle l'a fait. Juliette est une artiste de scène exceptionnelle, elle s'amuse, fait ce qu'elle veut, elle est libre, forte, intelligente. C'est un modèle pour moi. J'aime ce qu'elle fait et ce qu'elle est.”

 

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